{"id":357,"date":"2026-06-14T14:07:38","date_gmt":"2026-06-14T13:07:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/?p=357"},"modified":"2026-06-14T23:27:48","modified_gmt":"2026-06-14T22:27:48","slug":"asile-et-immigration","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/asile-et-immigration\/","title":{"rendered":"Asile et immigration"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Asile-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-362\" srcset=\"https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Asile-1.jpg 1200w, https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Asile-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Asile-1-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/www.ves-avocat.fr\/www\/ves-avocat\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Asile-1-768x384.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Les femmes orphelines au Nig\u00e9ria sont expos\u00e9es en cas de retour dans leur pays d\u2019origine \u00e0 des pers\u00e9cutions leur donnant droit \u00e0 la protection subsidiaire\u2026 (<strong>CNDA, 5 mars 2026, Mme B, n\u00b025055216<\/strong>)<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Cour nationale du droit d\u2019asile a r\u00e9cemment jug\u00e9 que les femmes orphelines et isol\u00e9es au Nig\u00e9ria sont expos\u00e9es, en cas de retour dans leur pays, \u00e0 des atteintes graves au sens de l\u2019article L.512-1, 2\u00b0 du CESEDA leur ouvrant droit \u00e0 la protection subsidiaire internationale en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mme B, ressortissante nig\u00e9riane, est arriv\u00e9e en France munie d\u2019un visa court s\u00e9jour et a sollicit\u00e9 sur le territoire fran\u00e7ais, le b\u00e9n\u00e9fice du statut de r\u00e9fugi\u00e9e en raison des pers\u00e9cutions auxquelles elle y \u00e9tait expos\u00e9e par les membres d\u2019une organisation occulte. Elle faisant valoir devant l\u2019office fran\u00e7ais de protection des r\u00e9fugi\u00e9s et des apatrides qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9pourvue de toute famille dans son pays d\u2019origine, sa m\u00e8re et son fr\u00e8re unique ayant \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par l\u2019organisation en cause. L\u2019office a rejet\u00e9 sa demande aux motifs que les faits dont elle se pr\u00e9vaut ne sont pas \u00e9tablis pour avoir \u00e9t\u00e9 relat\u00e9s lors de son entretien, de mani\u00e8re \u00e9vasive et peu circonstanci\u00e9e, nonobstant la production des actes de d\u00e9c\u00e8s de ses fr\u00e8re et m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si la Cour nationale du droit d\u2019asile, saisi d\u2019un recours contre la d\u00e9cision litigieuse, a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une appr\u00e9ciation des faits similaire \u00e0 celle de l\u2019OFPRA, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019elle a retenu, de mani\u00e8re bienvenue, que la seule circonstance que la requ\u00e9rante \u00e9tablit avoir perdu sa m\u00e8re et son fr\u00e8re cadet, seules attaches familiales dont elle disposait dans son pays d\u2019origine, est de nature \u00e0 caract\u00e9riser une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et d\u2019isolement en cas de retour qui l\u2019exposerait \u00e0 des risques d\u2019atteinte grave. En effet, la Cour retient, \u00e0 l\u2019appui du rapport de l\u2019Agence de l\u2019union Europ\u00e9enne pour l\u2019Asile (AUEA) de novembre 2025 que les femmes c\u00e9libataires \u00ab<em>&nbsp;qui n\u2019ont pas de r\u00e9seau de soutien y compris les femmes divorc\u00e9es et les victimes de la traite sont souvent per\u00e7ues par la soci\u00e9t\u00e9 et m\u00eame par leurs familles comme moralement douteuses ou l\u00e9g\u00e8res<\/em>&nbsp;\u00bb entrainant une forte stigmatisation et une exclusion sociale. Il s\u2019ensuit alors qu\u2019en cas de retour au Nig\u00e9ria, elles sont expos\u00e9es \u00e0 des traitement inhumains et d\u00e9gradants justifiant le b\u00e9n\u00e9fice de la protection subsidiaire, \u00e9rigeant ainsi l\u2019isolement familial des femmes nig\u00e9rianes, en motif d\u2019attribution de la protection subsidiaire \u00e0 un demandeur d\u2019asile.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le ministre de l\u2019int\u00e9rieur est tenu de prendre toutes les mesures utiles pour mettre fin aux dysfonctionnements de l\u2019ANEF en vue de garantir l\u2019\u00e9gal acc\u00e8s des \u00e9trangers au service public (CE, Ass., 5 mai 2026, <em>F\u00e9d\u00e9ration des acteurs de la solidarit\u00e9s JRS France et autres<\/em>, n\u00b0502860)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00e9trangers qui sont confront\u00e9s aux dysfonctionnements du site de l\u2019ANEF \u00e0 l\u2019occasion de leurs demandes de titres de s\u00e9jour disposent-ils d\u2019une voie de droit leur permettant de contraindre l\u2019autorit\u00e9 administrative \u00e0 y rem\u00e9dier&nbsp;? C\u2019est \u00e0 cette question que le Conseil d\u2019\u00c9tat vient de r\u00e9pondre dans son importante d\u00e9cision d\u2019assembl\u00e9e du 5 mai 2026 dans laquelle il pr\u00e9cise les obligations des autorit\u00e9s administratives charg\u00e9es de l\u2019organisation et du fonctionnement d\u2019un service public accessible par voie \u00e9lectronique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le Conseil d\u2019\u00c9tat rappelle, dans le sillage de sa jurisprudence constante depuis 2022 qu\u2019il est loisible au pouvoir r\u00e9glementaire et \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative de pr\u00e9voir qu\u2019une administration ne sera saisie, pour certaines d\u00e9marches, que par voie \u00e9lectronique. Cependant, l\u2019autorit\u00e9 administrative doit pr\u00e9voir des solutions alternatives d\u2019accompagnement pour les usagers faisant face \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux technologies num\u00e9riques, ainsi qu\u2019en cas de dysfonctionnement de la plateforme \u00e9lectronique mise en place. Le Conseil pr\u00e9cise dans cette d\u00e9cision \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019il appartient au gestionnaire d&rsquo;un service public, afin de satisfaire l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en vue duquel le service a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9, de veiller \u00e0 garantir le droit d&rsquo;acc\u00e8s, dans des conditions normales, des usagers au service dans le respect du principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9, d&rsquo;assurer la continuit\u00e9 du service et de proc\u00e9der aux adaptations rendues n\u00e9cessaires par l&rsquo;exigence de mutabilit\u00e9. Il doit notamment corriger les dysfonctionnements qui affectent le service et qui sont de nature \u00e0 limiter de fa\u00e7on anormale le droit d&rsquo;acc\u00e8s des usagers ou \u00e0 compromettre l&rsquo;exercice par ces derniers des droits qui leur sont reconnus par la loi&nbsp;<\/em>\u00bb. Cette obligation incombant \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative n\u2019est pas toujours spontan\u00e9ment mise en \u0153uvre de mani\u00e8re convenable. Tr\u00e8s souvent, les usagers du service doivent mobiliser de nouvelles voies de droit pour contraindre l\u2019administration \u00e0 se soumettre \u00e0 ses obligations juridiques. C\u2019est le sens de l\u2019office du juge administrative dans le cadre du REP-injonction d\u00e9fini dans la d\u00e9cision d\u2019assembl\u00e9e du 11 octobre 2023, Amnesty International France et autres n\u00b0454836. Le Conseil d\u2019\u00c9tat pr\u00e9cise alors les modalit\u00e9s d\u2019application de son recours pour exc\u00e8s de pouvoir-injonction au contentieux des \u00e9trangers recourant au t\u00e9l\u00e9service de l\u2019ANEF.&nbsp; Il juge alors qu\u2019en cas de refus ill\u00e9gal de l&rsquo;administration de prendre de telles mesures, il appartient au juge administratif \u00ab&nbsp;<em>d&rsquo;enjoindre \u00e0 l&rsquo;administration de prendre la ou les mesures n\u00e9cessaires. Il en est ainsi, en particulier, lorsque est contest\u00e9 devant lui le refus, par l&rsquo;administration, de mettre fin \u00e0 des dysfonctionnements affectant un service public dont il est soutenu qu&rsquo;ils compromettent l&rsquo;acc\u00e8s normal des usagers \u00e0 ce service public ou font obstacle \u00e0 l&rsquo;exercice effectif de leurs droits&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les femmes orphelines au Nig\u00e9ria sont expos\u00e9es en cas de retour dans leur pays d\u2019origine \u00e0 des pers\u00e9cutions leur donnant droit \u00e0 la protection 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